25/01/2008Pour changer un peu
J'avais envie de changer un peu des tableaux alors je vais vous parler d'un studio de dessinatrices de manga que j'affectionne particulièrement : les CLAMP. Bon, évidemment c'est pas d'une originalité débordante, mais je suis assez accro à plusieurs de leurs séries. Voici un article que j'avais écrit pour un magazine de BD mais qui n'a jamais été publié. Il s'agit ici de la première version, trop longue mais plus proche de ce que je souhaitais dire.
CLAMP
« La naissance du sentiment »
Le studio CLAMP est composé de quatre jeunes femmes qui se sont rencontrées au lycée où elles étaient inscrites au même cours de dessin. A l’origine leur groupe comportait douze membres et était spécialisé dans les dôjinshi, des parodies sentimentales d’œuvres cinématographiques ou de bandes dessinées à succès. Les CLAMP, qui à l’époque se font appeler les Amarithya, parodient surtout Saint Seya et Captain Tsubasa. La série qui les fait connaître est « RG Veda », une série de fantasy prépubliée dans le magazine « South » à partir du printemps 1989. Certaines personnalités du groupe, comme Mokona Apapa s’affirment tandis que d’autres se mettent en retrait et quittent le groupe. Elles ne sont alors plus que sept. Elles enchaînent immédiatement avec une série plus humoristique « Le voleur au 100 visages » puis d’autres séries qui ne remportent pas l’adhésion du public. Dès cette époque et contrairement aux autres mangaka, elles travaillent avec plusieurs éditeurs ce qui leur permet, selon elles, de garder une plus grande indépendance de création. L’année suivante elles commencent « Tokyo Babylon » mais il faut attendre 1993 pour qu’elles connaissent à nouveau un grand succès avec « Magic Knight Rayearth » qui assoit définitivement leur réputation auprès du grand public. C’est là encore une série de Fantasy avec pour héroïnes trois magical girls envoyées dans une dimension parallèle. C’est à cette époque que le studio prend sa composition actuelle avec quatre membres. Nanaze Okawa est la scénariste, Mokona Apapa la dessinatrice principale, Mick Nekoi, spécialisée dans les super deformed dessine aussi seule certaines séries et Satsuki Igarashi s’occupe des trames et niveaux de gris. C’est en 1996 qu’elles créent une nouvelle magical girl « Card Captor Sakura ». Cette série, destinée aux plus jeunes, reste leur série la plus connue au monde, peut-être justement parce que bien que destinée à des lecteurs de l’âge de son héroïne, l’histoire et la finesse du traitement des relations sentimentales entre les personnages s’adresse à un public beaucoup plus large.
Elles séduisent d’ailleurs un public très diversifié en créant des séries très différentes. « X » publié à partir de 1992 et toujours en cours actuellement est une série de fantasy urbaine sur la fin du monde, de même que « Chobits », série sentimentale d’anticipation, la plus érotique des œuvres de CLAMP, s’adresse à un public plutôt adulte et plutôt masculin. A l’inverse, des séries comme « J’aime ce que j’aime » ou « Wish » restent plus proches de l’esprit des shojô et s’adressent plutôt à un lectorat jeune et féminin.
Malgré une production touffue qui s’essaie à tous les genres on peut tenter de trouver des personnages et des thèmes récurrents voir une philosophie commune à l’ensemble de leur œuvre.
Les CLAMP centrent leurs histoires autour de personnages jeunes, garçons ou filles. Les filles sont pour la plupart innocentes, voir naïves, mais d’une grande gentillesse. Leur innocence les rend meilleures car elles n’ont pas de préjugés sur le monde et n’ont de cesse que d’apporter le bonheur à leur entourage. Les garçons ont des comportements plus nuancés en fonction des séries. Ils peuvent être aussi doux et généreux que les filles, surtout dans les séries comiques, mais ils sont souvent plus ambigus et parfois même tourmentés. Pourtant les personnages féminins et masculins ne sont pas stéréotypés dans leurs actions. Les filles se battent et traquent le mal là où il se trouve et les garçons font la cuisine et savent faire preuve de sagesse. Ces personnages ont de surcroît en commun la bravoure et la volonté du dépassement de soi non pas pour eux-même mais pour la cause qu’ils défendent.
Les histoires de CLAMP tournent généralement autour de trois thèmes majeurs : l’amour, la destinée et la morale.
D’une manière générale les CLAMP s’intéressent aux liens sentimentaux de toute nature. L’histoire peut d’ailleurs passer au second plan tellement le développement des intrigues sentimentales s’avère riche et, malgré l’emphase, empreint d’une certaine justesse. La série « Chobits » raconte l’histoire d’un jeune homme qui tombe amoureux d’un robot ayant l’apparence d’une jeune fille. L’essentiel de l’histoire tourne autour de leur relation et de ce qui constitue le sentiment amoureux.
Parmi les thèmes sentimentaux chers aux CLAMP, deux sont véritablement caractéristiques de leur œuvre : la perte d’un parent proche et les couples de même sexe. La plupart des héros et héroïnes de CLAMP ont perdu leur mère (Sakura, Fuma et Kotori) leur père (Akira Ijûin) ou sont orphelins (Kamui, Sû, Ashura). Les parents absents sont une référence absolue et idéale pour ces héros qui plongent souvent dans la mélancolie, même s’ils sont très jeunes, lorsque l’on évoque leur souvenir. Ils représentent cependant aussi la force qui fait agir le héros. Quant aux sentiments homosexuels ressentis par les personnages de CLAMP, ils sont toujours teintés d’ambiguité et rarement clairement affichés. Ils toujours cependant d’une très grande force émotionnelle. L’amour et le désir sont alors exprimés par des gestes emprunts d’une grande retenue : regards, main qui s’attarde un peu trop sur la joue de l’autre, parfois même une ébauche de déclaration (« RG Veda », « Tokyo Babylon », « X », « Card Captor sakura », « Lawful drug »). A ce sujet le couple le plus emblématique reste Seishiro et Subaru où la relation voit son dénouement apparaître dans « X » dans une scène d’une grande intensité sous la forme une déclaration avortée alors qu’elle est l’enjeu de toute la série « Tokyo Babylon ». En fait les CLAMP elles-mêmes insistent sur le fait que l’amour peut prendre bien des apparences, ce que traduisent les histoires sentimentales compliquées de la série « Card Captor Sakura ».
Un autre thème caractéristique des histoires de CLAMP est la place du personnage face à son destin. Ce destin peut prendre la forme d’une prophétie (« RG Veda » et « X ») ou d’un pouvoir qu’il est difficile de maîtriser (« trèfle » et dans une certaine mesure « Chobits »). Face à ces forces qui le dépassent, le personnage de CLAMP peut devenir un véritable héros au travers de ses choix et en assumant la responsabilité de ses actes. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’il ait une double personnalité et que la lutte entre ces deux facettes de son identité représente le réel enjeu de l’histoire.
L’antagonisme entre le bien et le mal n’existe pas dans les histoires de CLAMP. En effet le mal n’existe pas par essence, les personnages, même égoïstes, ont simplement des façons de penser différentes. Même si les questions de morale sont omniprésentes les réponses sont donc toujours surprenantes. Elles sont liées aux rapports humains qui se révèlent être la préoccupation centrale des œuvres de CLAMP. Plus que tout les CLAMP souhaitent au travers de leurs histoires faire passer un message de respect et de compréhension de la différence de l’autre.
Je présenterai mes séries préférées dans d'autres posts ... à plus ! 23/01/2008Rutilio Manetti "La mort de Saint Joseph" Musée départemental de l'Oise, Beauvais
La scène représente un épisode apocryphe de la vie de Jésus, la mort de Saint Joseph. Joseph est représenté allongé dans un lit entouré par le Christ qui lui tient la main, la vierge qui prie à son chevet et plusieurs personnages divins, deux archanges et des angelots. Le personnage de Joseph est très peu mentionné dans la Bible et il reste un personnage assez marginal de l’Histoire Sainte tout au long du Moyen-âge. C’est le Concile de Trente et la contre-réforme qui lui donnent une importance de premier plan avec les écrits de sainte Thérèse d’Avila ou encore ceux de saint Ignace de Loyola, fondateur de l’Ordre des Jésuites. On lui doit la fameuse triade « Jésus-Marie-Joseph ». D’après les différents récits, dont le peintre s’est ici inspiré, Joseph est mort avant la Passion, puisque Jésus sur la Croix confie sa mère à saint Jean. Pendant son agonie il est assisté par le Christ qui lui tient la main. Jésus convoque également deux archanges, Michel et Gabriel, pour recueillir son âme guettée par les démons.
Ce tableau a été peint à Sienne, par Rutilio Manetti (1571-1639) après son voyage à Rome vers 1615, qui le met en contact avec les peintres caravagesques Manfredi, Grammatica ou encore Orazio Gentileschi. Rutilio Manetti, débute sa carrière à Sienne dans les dernières années du XVIe siècle. C’est un peintre maniériste de tradition locale qui va à son retour de Rome contribuer à l’introduction du caravagisme à Sienne. La mort de saint Joseph montre bien les deux influences maniéristes et caravagesque de son œuvre. Les personnages sont assez nombreux et collés les uns aux autres ce qui est caractéristique de l’héritage maniériste. Les contrastes de lumière et de couleur et la massivité des figures sont dus à la manière du Caravage. Rutilio Manetti est donc un peintre au style original qui contribue à sa manière au renouvellement de la peinture à Sienne au début du XVIIe siècle.
30/10/2007Comme à chaque foisIl me prend dans ses bras, m'embrasse dans le cou et me serre contre lui. Il me dit que tout ira bien, que ça y est on est ensemble et qu'il ne veut pas qu'on se quitte. Il s'interrompt pour m'embrasser à nouveau, j'en ai les larmes aux yeux. Je le serre fort de peur qu'il parte quand-même ... Comme à chaque fois l'émotion est tellement intense que je me réveille ... je mets du temps à réaliser que j'ai rêvé de lui, qu'en fait rien n'a changé : nous sommes toujours séparés. Parfois mes rêves sont nettement plus érotiques et le réveil est tout aussi brutal. Pourtant, même une fois que j'ai réalisé que ce n'était pas vrai, l'impression de bonheur ne s'estompe que progressivement, la trace ne disparaît qu'au bout de plusieurs minutes. Bon certes je l'ai revu par hasard deux fois en un même weekend il y a un mois et c'est peut-être ça qui fait que mon cerveau gamberge tout seul la nuit quand je ne le surveille pas.
Dernièrement j'ai décidé d'utiliser pour mon boulot l'appareil numérique que ma famille et mes amis m'avaient offert pour mes trente ans. Cela fait donc un an que je l'ai et je n'y avais pas touché car dedans - ou plutôt sur la carte mémoire - il y avait les photos de mon anniv' où nous étions tous réunis et où il était, bien entendu. Il y a de nombreuses photos de lui et de nous en train de nous embrasser. Je n'ai pas voulu utiliser cet appareil car cette journée fut extraordinaire mais cet objet est irrémédiablement associé à lui. Ce n'est pas très sympa pour ma famille et mes amis qui ont participé à ce cadeau, mais un ami m'avait conseillé de le revendre et d'acheter quelque chose qui serait moins chargé émotionnellement. Je l'ai quand-même gardé et j'ai décidé de finalement m'en servir. Je n'ai donc pas résisté à l'envie de revoir les photos de cette journée. J'étais heureux de voir bon nombre de mes amis et de ma famille présents ce jour-là (ils m'avaient fait une surprise). Je lui avais donc demandé de venir et il était venu. Pourtant je savais que si on se quittait il y avait des chances pour que j'ai du mal à repenser à cette journée et c'est ce qui s'est passé ... Revoir ces photos m'a fait du bien et du mal bien sûr ... j'ai revu toutes les photos de lui ... cela me fait toujours un effet violent.
Je n'ai pas pu m'impliquer correctement dans la relation que nous avions et maintenant je vis une relation fantasmée faite de rêves et de souvenirs ... Elle est forcément belle, idéale, faite d'images de plénitude et de bonheur sans nuage, où tout ce qui me posait problème à l'époque est mystérieusement gommé ou sans importance. Suis-je capable de vivre une relation avec un être humain réel ? 09/10/2007une ébaucheIl y a quelques temps, je discutais avec un ami sur un autre tchatt, utilisé pour des rencontres disons plus directes (encore que ...). Il me pose soudain abruptement cette question : "C'est quoi pour toi l'homme idéal ?" ... ambiance ... je ne savais pas trop quoi répondre car j'ai toujours pensé que ce serai une fois que je serai avec que je le saurai. En même temps on ne sort pas avec l'homme idéal mais avec celui (ou ceux) qui s'en approche(nt) et pas forcément de près. Mais bon j'étais pressé, comme je tchatte au boulot je suis régulièrement interrompu par mes obligations, et j'ai quand même réussi à écrire quelques mots :
le mec idéal est gentil, à l'écoute, a un univers personnel riche et veut à la fois me faire découvrir plein de choses et a également envie que je lui fasse découvrir plein de choses, il aime les voyages et aime l'imprévu, il aime surprendre et se laisser surprendre ... et accessoirement il est grand, brun, sexy et il aime la tendresse, la sensualité et le sexe ... voilà ...
Finalement je trouve que ça correspond bien à ce qui me fait envie, dans la limite d'un absolu non encore incarné et dans la mesure où il est difficile de décrire quelqu'un qu'on ne connaît pas et dont on n'a jamais entendu parler.
S'il existe et qu'il a envie de me rencontrer je suis preneur ... 02/10/2007ma thèse
Bon c'est décidé cette année j'abandonne (temporairement) les cours de Japonais pour me concentrer plus sérieusement sur ma thèse. J'ai beau vouloir faire plusieurs choses à la fois il faut que je sois un peu plus réaliste sur mes capacités de concentration et sur le temps dont je dispose sachant que j'aime aussi sortir, voir des amis et profiter un minimum de mes congés. A toutes fins utiles ami lecteur voici le résumé de la thèse que je suis donc sensé travailler plus consciensieusement que l'année dernière ...
Le titre c'est "Recherches sur la sculpture monumentale syro-hittite et araméenne". Cela concerne des sites archéologiques du nord de la Syrie et du sud-est de la Turquie. La côte levantine (Israël, Liban, Syrie, etc.) était à la fin de l'âge du bronze (vers 1500 av. J-C) une plaque tournante du commerce entre la mer Egée, l'Egypte, la Mésopotamie et l'empire hittite (Turquie actuelle). L'empire hittite et l'Egypte se disputaient la domination sur cette région. Vers -1200 il y a des grands mouvements de populations appelés "invasions des peuples de la mer" qui désorganisent toute la région. L'empire hittite s'effondre et les anciennes colonies syriennes de l'empire se transforment en petits états indépendants avec à leur tête des descendants des gouverneurs hittites ou des Araméens sédentarisés. Ces petits états créent des villes fortifiées. Ces villes s'ornent de bas-reliefs sculptés sur les portes des villes et les murs des temples et des palais. Des statues des souverains sont également érigées. Ces sculptures exaltent ces nouveaux roitelets en montrant leurs victoires militaires, en rappelant leur haut lignage ou leur dévotion envers les dieux. Dans ma thèse je recense l'ensemble de ces sculpture, j'élabore une chronologie des sites en essayant de dégager une évolution, j'essaie de voir quels liens stylistiques celles-ci entretiennent avec la sculpture de l'âge du bronze et j'essaie de dégager les différentes influences culturelles, ceci afin de montrer que la rupture entre l'âge du bronze et l'âge du fer n'est pas aussi nette qu'on pourrait le croire et que la culture perdure même si les évolutions politiques sont importantes.
06/07/2007 et n'oubliez pas ...Au Dépôt (ça marche pour tout sexe club) quand on tourne pendant des heures et que ça baise pas, si on ne cherche pas Dieu on s'emmerde. 05/07/2007"Ophélie" par John Everett Millais, 1852, Tate Britain, Londres
Ce tableau représente Ophélie, l'héroïne de Shakespeare qui, rendue folle par la mort de son père et son amour impossible pour Hamlet, se noie dans un ruisseau. John Everett Millais l'a représentée flottant dans un étang, chantant dans sa folie alors qu'elle coule progressivement au milieu de la végétation. Ce qui est extraordinaire dans ce tableau c'est l'incomparable douceur de la peinture de Millais pour représenter la grâce de la jeune fille, sa robe, ses mains et son visage délicat ainsi que la végétation qui protège la scène. Cette douceur et cette grâce forment un contraste saisissant avec la violence inouïe de la scène : la jeune fille agonise après avoir perdu l'esprit et nous assistons à ses derniers instants. C'est l'une des grandes réussites de Millais et un tableau emblématique du courant Préraphaélite. La fraternité préraphaélite est un groupe de peintres qui fut fondée à Londres en 1848. Elle regroupait notamment William Holman Hunt, John Everett Millais et Dante Gabriel Rossetti. Plus tard ils furent notamment rejoints par William Morris et Edouard Burne-Johns. Les préraphaélites réagissaient contre l'académisme victorien et notamment contre la Royal Academy qui érige Raphael comme modèle de l'artiste idéal. Ils puisent leur inspiration chez les peintres de la fin du Moyen-âge et, suivant en celà les écrits de John Ruskin, dans l'observation de la nature. Comme les Nazaréens avant eux, ils prennent les thèmes de leurs tableaux dans l'imaginaire médiéval, dans la religion, la littérature et la poésie. C'est un grand courant romantique qui exalte également l'identité nationale en peignant notamment d'après Shakespeare. "Ophélie" s'inscrit tout à fait dans ces recherches tant du point de vue du thème shakespearien que de la représentation de la nature. Celle-ci est représentée avec minutie et un grand sens du naturalisme. L'intérêt pour la nature réelle n'est pas le seul fait, au XIXe siècle, de l'Ecole de Barbizon et des Impressionnistes. D'autres groupes de peintres s'inspirent de la nature pour des recherches très différentes des peintres français. De surcroît ce décor végétal possède une signification. En effet, Millais utilise ici le langage symbolique des fleurs et de la nature. Nous pouvons voir un saul pleureur mais aussi des coquelicots qui évoquent la mort et des violettes symbolisant la fidélité. Le réalisme, le sens du détail et les couleurs vives du tableaux sont aussi caractéristiques de la peinture préraphaélite. Ce style donne au tableau toute sa force suggestive par le contraste entre la délicatesse et la mort qui n'apparaît aucunement par le moindre détail sordide. Tout est angélique mais glacé, justement grâce à l'emploi d'un style très détaillé. La souffrance est ici d'autant plus présente que rien ne la suggère de façon directe.
Pour terminer ce petit texte sur une note plus amusante, il faut savoir que Millais fit allonger son modèle, Elisabeth Siddal - future épouse de Dante Gabriel Rossetti - entièrement habillée dans une baignoire pleine à peine chauffée par quelques bougies. Elle attrapa une pneumonie et Millais, menacé par le père de la jeune fille d'un procès, dût payer les honoraires du médecin. Une telle réussite vaut bien quelques sacrifices, vous en conviendrez ... 27/04/2007Pierre-Louis Je n'arrive pas à ne plus penser à lui. Cela fait maintenant deux mois qu'il m'a dit qu'il ne voulait pas que nous recommencions une nouvelle relation et cela fait un mois et demi que je ne l'ai plus revu, que je ne l'ai pas appelé, que je ne lui ai pas envoyé de mail. Je fais les choses comme on m'a dit que je devais les faire et comme elles doivent être faites pour que j'arrive à faire mon deuil de cette relation, faire mon deuil de lui. Et pourtant il y a quelques jours je me suis mis à me dire qu'il fallait que j'aie des nouvelles, que je l'appelle mais j'ai résisté ... Il faut dire que je me sens coupable de ce qui est arrivé il y a de cela maintenant six mois et comme me dit ma soeur si je me sens coupable ça rend la chose plus difficile à passer, elle a raison.
Je n'étais pas prêt il y a sept mois lorsque nous nous sommes rencontrés, je n'étais pas sur la même longueur d'onde. J'ai mis trop de temps à comprendre à quel point je m'attachais à lui pendant que lui, après que nous ayons rompu "d'un commun accord", faisait son deuil de la relation que nous avions à peine ébauchée. A l'époque il faisait tout bien moi j'ai vécu des moments comme je n'en ai vécu avec personne, une vraie complicité amoureuse ... et j'ai eu peur.
Un jour j'ai senti une telle boule d'angoisse que j'ai pleuré, devant lui. J'arrive pas à assumer ça, de ne pas avoir laissé le temps apaiser mes craintes. Je lui ai fait du mal, un peu, en refusant par exemple de l'embrasser au restaurant alors que j'avais insisté dès le début pour que nous promenions main dans la main dans la rue et que nous nous embrassions où bon nous semblait ...
Ces moments furent magnifiques d'ailleurs. Je suis venu une fois le rejoindre à Roubaix où il était en tournage. Nous avons passé une soirée merveilleuse, d'une merveilleuse simplicité, je n'avais rien vécu de tel auparavant. Ce moment fut le seul moment d'intimité tendre, d'amour simple et joyeux, de confiance totale et de bien être partagé que j'ai vécu avec quelqu'un. Et nous en eûmes d'autres. Oui j'avais eu quelques histoires avant de le rencontrer mais rien qui soit autant dans la complicité et l'échange.
J'ai certes tendance à cristaliser maintenant sur les moments heureux que nous avons eu alors que je lui faisais reproche de ce qui ne me plaisait pas chez lui ... pourquoi n'arrivais-je pas à dépasser cela ? pourquoi ai-je eu à ce point peur de m'attacher, de vivre une autre vie que celle que je vivais jusqu'à présent ?
Le plus drôle c'est d'imaginer de le revoir maintenant et de lui redire encore tout ça et plus, de l'imaginer me regarder et m'exprimer le décalage, le fossé encore plus infranchissable qui nous sépare et qui ne cesse de s'agrandir. Déjà il y a quelques mois il me demandait si je trouvais le nouvel animateur culturel du musée où je travaille sexy ou si j'avais des nuits bien remplies ... Lui il a tourné la page. Je m'imagine le revoir et l'impression qu'il aurait de me voir toujours énamouré, alors que lui ne le comprendrait pas, ne ressentirait rien que de la pitié voir de l'agacement que nous ne puissions être juste amis vu que nous ne sommes pas resté longtemps ensemble.
Pourtant je ne pourrai pas l'oublier - évidemment - il m'a fait prendre conscience de ce dont j'avais envie : vivre et partager une belle histoire avec quelqu'un. Pourquoi faut-il que j'aie réalisé cela trop tard ? 10/04/2007Des filmsUne de mes amies est en train de préparer un livre sur l'homosexualité dans le cinéma français ... Elle a donc commencé à visionner une liste impressionnante de films, dont certains n'ont dû avoir qu'un ou deux spectateurs tellement leur réalisation paraît improbable. Elle a diffusé cette liste auprès de ses amis afin de recueillir leurs commentaires. je lui ai donc envoyé mes commentaires sur les quelques films de sa liste que je connaissais ... et il n'y en avais pas tant que ça ! Voici donc les films français traitant d'une manière ou d'une autre de l'homosexualité que j'ai vu et une petite note sur le souvenir qu'ils m'ont laissé ...
Les enfants du paradis : Je ne me souvenais pas qu’il y avait des références à l’homosexualité dans ce film. C’est un des films cultes de mon père.
Zazie dans le métro : Je l’ai vu à la télé quand j’étais jeune ça m’a laissé une drôle d’impression, ça m’a mis un peu mal à l’aise.
Barbarella : extraordinaire, même si la vision de l’amour lesbien est plus fait ici, selon moi, pour émoustiller le mâle que pour revendiquer la liberté sexuelle des femmes, encore que Barbarella est étonnement libre …
La cage aux folles 1/2/3 : Même si cette série sert de support pour l’imaginaire hétéro de ce que doit être un homosexuel efféminé je trouve personnellement que les deux personnages principaux forment réellement un couple attachant et que le fait qu’ils aient élevé un enfant était très en avance pour l’époque. Je comprends les homos qui se sont fait traiter de pédales quand ils étaient petit (moi aussi mais assez peu en fait) et qui en veulent à ce film car il véhicule selon eux une image qui ne leur ressemble pas et qui leur fait du tort. Je pense cependant que ces personnages sont traité avec beaucoup de tendresse par les acteurs qui les interprètent et le réalisateur. Je trouve que ces personnages sont au contraire très positifs et qu’ils montrent bien qu’être efféminé ce n’est pas appartenir à la lie de l’humanité.
Pédale douce :j’étais allé le voir car une copine jouait dedans. Je n’ai pas beaucoup aimé. J’ai détesté le personnage joué par Patrick Timsit mais encore plus celui joué par Richard Berry. En effet, son personnage est poursuivi par un mec cuir et finallement à la fin il se venge en le bastonnant et en montrant que lui (hétéro, donc) a des couilles et pas toutes ces « pédales » j’ai trouvé ça très insultant, genre seuls les hétéros sont des vrais mecs et c’est forcément mieux regardez le personnage de partick timsit lui dans le fond il est pas heureux … j’ai trouvé le message de ce film assez nauséabond en fait.
L’homme est une femme comme les autres : sympa sans plus. J’aime bien le côté trouble dans les définitions de ce qu’on est, de ce qu’est le désir, mais malheureusement c’est tellement moins fin que dans la confusion des genres !!! J’ai trouvé la dernière scène où le personnage d’Antoine Decaunes dit à celui d’Elsa Zilberstein « Je bande », parce qu’elle vient de lui dire quelque chose, assez grotesque
Les roseaux sauvages : j’avais adoré. C’est le premier film traitant de l’homosexualité qui m’ait vraiment plu. J’aime beaucoup la scène où le personnage joué par Gaël Morel se regarde dans la glace en disant à son reflet : je suis PD, PD … (ou quelque chose comme ça). C’est vraiment fort et j’ai trouvé ça très juste comme représentation de la prise de conscience et de l’affirmation de ce que l’on est.
Nettoyage à sec : sympa sans plus. J’ai bien aimé les hésitations du personnage de Charles Berling et son côté traumatisé, n’assumant absolument pas ses désirs, j’ai trouvé que ça sonnait très juste. J’ai par contre trouvé la fin un peu grotesque …
L’homme que j’aime : J’ai adoré. Pour moi c’est l’une des plus belles histoires d’amour que j’ai vu. J’adore Martial Di Fonzo Bo, je trouve que l’acceptation des sentiments, de l’amour qui naît, de l’homosexualité mais aussi du fait de vivre avec le SIDA sont magistralement traités. (bon je m’emballe peut-être un peu mais après tout je ne suis pas non plus un critique de cinéma ;-)) tous les personnages sont vraiment bien.
Les nuits fauves : un peu trop misérabiliste et peu crédible. Je suis allé le voir alors que j’étais en 1ère avec des correspondants anglais. J’étais juste content que ça les ai choqué car ils m’agaçaient avec leur côté hétéro bourrin. Moi j’ai juste tripé sur le mec blond que se tapait le héros.
Crustacés et coquillages : très drôle, j’adore ! l’homosexualité y est montré d’une façon drôle, ludique, décomplexée, un vrai bol d’air ! rarement j’ai trouvé qu’on présente des personnages homosexuels de façon aussi détendue … un bonheur !
Omelette : bah j’ai bien aimé même si Rémy Lange est un peu flippant à filmer tout le monde tout le temps ! j’ai découvert ce film pendant une formation inter associative et je trouve malgré tout que c’est une vision très intéressante du coming out et de la vie sentimentale.
Sitcom : jubilatoire, méchant … très bien
Huit femmes : un de mes films préférés. C’est évidemment un film qui fait écho en moi pour les personnages féminins forts et hauts en couleur et j’aime bien le personnage de la bonne. J’aime le décalage, le second degré et en même temps la grande tendresse pour les personnages et notamment le personnage de Firmine Richard
Gazon maudit : bah j’ai bien aimé. Et j’ai trouvé que la pirouette de la fin avec Miguel Bosé était très bien trouvée. Sinon je trouve que comme la cage aux folles même si le personnage de Josiane Balasko est « caricatural » il est pour moi très positif et montre qu’être camionneuse c’est cool et ceux qui ne sont pas contents on les emmerde !
Pourquoi pas moi ? un petit film que j’ai beaucoup aimé. Très frais, avec des personnages qui s’assument ou pas et traité de façon très légère, vraiment agréable, le genre de film qui vous fait du bien, et qui montre qu’être PD ou lesbienne, bah c’est cool.
La confusion des genres : génial ! brillant très drôle, très bien sur ce qu’est le désir, l’homosexualité, la bisexualité et donc les étiquettes, l’amour, la place des gens dans la société par rapport à leur genre à leur sexualité, la névrose … tout ça est fin et drôle, c’est génial.
Embrassez qui vous voudrez : amusant
A cause d’un garçon : bah j’ai bien aimé. Je pense que j’aurais adoré le voir en étant au lycée ça m’aurait fait beaucoup de bien et j’espère que ça a été le cas pour des tas de lycéens et collégiens.
Juste une question d’amour : j’ai trouvé ça génial que France 2 le programme à 20h30 en semaine. Je le trouve plutôt réussi et très juste.
Un amour à taire : j’ai trouvé ça génial que France 2 le programme à 20h30 en semaine. Je le trouve plutôt réussi et très juste.
Bon bah ça en fait quelques uns quand même ... même si je n'ai toujours pas vu Jeanne et le garçon formidable, 17 fois Cécile Cassard, Ma vraie vie à Rouen ou Ceux qui m'aiment prendront le train ... Ca m'en fait plein encore à découvrir, tant mieux !
28/03/2007"De profundis" par Ervand Kotchar, 1919, Galerie Nationale d'Arménie, Erevan
Ce tableau représente un homme dont on ne voit que le torse émergeant d'une masse rocheuse. Il a la tête baissée et les yeux clos. Ses bras trop maigres tombent mollement le long de son corps et se rejoignent, ses mains sont jointes comme pour une prière. Son corps nu, musclé mais noueux, est représenté sur un fonds sombre indéfini et semble éclairé par une lumière blafarde et violente, découpant les contours de ses muscles, de ses veines, de ses os. Les couleurs sont ternes à dominantes grises, brunes et noires. Le titre du tableau, "De profundis" fait référence aux premières paroles du psaume 129-130 : "De profundis calamavi ad te, Domine ...". (des profondeurs, je crie vers toi Seigneur). L'aspect du tableau aussi bien que son titre évoquent la mélancolie qui frappe le personnage et peut-être le peintre lui-même. La mélancolie, l'"humeur noire", qui fit l'objet d'une très belle exposition fin 2005, est un sentiment de mal être prenant différentes formes comme des sensations d'oppression, d'enfermement, d'abandon, de solitude ou de désespoir. Ici tous les éléments concordent à nous faire ressentir l'émotion atrabillaire. Le personnage est seul dans un vide sombre qui évoque son impression d'abandon. Le tableau semble trop petit pour lui, on a l'impression qu'il doit baisser la tête pour rentrer dans le cadre, ce qui montre bien la sensation d'enferment dans ses tourments intérieurs. Il est entièrement replié sur lui-même. La position des mains, ces mains trop grandes et partie essentielle de la représentation évoquent aussi bien la prière désespérée que la fermeture et l'emprisonnement. Il n'a plus réellement de force et est dans l'incapacité de réagir, son visage, à l'égal de son corps est replié sur lui-même, ses yeux sont fermés il est hors d'atteinte de toute aide, de tout espoir.
Ce thème de l'exploration intérieure peut être rapproché des recherches des artistes expressionnistes de l'Est de l'Europe, qui mènent, au travers de leurs oeuvres des réflexions de nature existentielle sur l'intériorité, l'inconscient, la recherche de l'expressivité psychologique. Le style du peintre n'est pourtant pas réellement expressionniste. Si l'on compare ce tableau aux oeuvres de Kirchner, Kokoschka ou de Schiele, l'on constate que sa touche est plus douce, moins violente et dynamique que celle des peintres expressionnistes de "Die Brücke" ou de la cessession viennoise. son influence stylistique est plutôt à rechercher du côté du classicisme, pour la netteté du dessin et du cubisme, pour la synthèse et la légère géométrisation des formes.
Ce tableau a été peint par un artiste arménien, Ervand Kotchar en 1919. Kotchar - de son vrai nom Kotcharian - est né en 1899 à Tbilissi en Géorgie. Il étudie sur place auprès de Yegishe Tadevossian, peintre qui introduisit l'impressionisme dans l'art arménien. En 1918 il étudie pendant un an à Moscou auprès du peintre P. Konchalovsky. A son retour à Tbilissi, il enseigne à son tour la peinture et c'est pendant cette période qu'il peint "De profundis". En 1922 il expose à Constantinople puis entreprend un voyage en Europe et se fixe à Paris pour 14 ans, de 1923 à 1936. Là il fréquente les peintres de l'Ecole de Paris et s'insère dans le courant surréaliste qui change radicalement sa peinture. Il décide d'intégrer la dimension du temps à sa peinture comme le font les Futuristes italiens mais d'une manière plus onirique et sans exaltation d'une modernité aggressive. De retour en Arménie il s'installe à Erevan, est emprisonné avant de devenir en quelques années un artiste influent qui réalise de nombreux monuments que l'on peut admirer à Erevan ou à Etchmiadzine.
"De prodfundis" est donc une oeuvre de jeunesse d'un peintre encore marqué par son apprentissage et qui ne laisse pas présager le style qui fera son succès. C'est néammoins une oeuvre très expressive, qui me touche énormément par la justesse de l'émotion, le rendu de la douleur intérieure d'une grande sobriété et d'une grande force, sans gesticulation inutile. 23/03/2007IntroBon ça y est ... je commence mon blog sur Gayattitude ... La seule fois de ma vie où j'ai tenu un blog ce fut assez court. J'étais en stage en Angleterre, sur l'English Riviera, à Portsmouth, au Centre for Archaeology de l'English Heritage. Comme je voulais tenir informés mes amis au jour le jour de mes aventures et de mes mésaventures je me suis dit : "pourquoi pas un blog ?". Ca a été une bonne expérience mais je n'ai pas continué une fois rentré à Paris. Je travaille désormais à Beauvais au musée départemental de l'Oise. C'est à Beauvais que j'ai rencontré des amis - ça ne fait pas longtemps qu'on se connaît mais je pense pouvoir dès à présent les considérer comme des amis - qui m'ont parlé de Gayattitude. Ils m'ont également parlé des blogs qu'ils y tenaient. J'avais bien aimé tenir un blog en Angleterre, j'avais trouvé cela très agréable, au moins pour moi en temps qu'auteur des articles, mais apparemment il y avait quand-même quelques lecteurs. Et puis j'ai eu ces derniers mois une véritable remise en question sur le plan sentimental avec en parallèle le plus grand chagrin d'amour de ma vie. Ca fait un peu mélo tout ça mais je pense que c'est le déclic qui me pousse à écrire de nouveau. J'ai besoin et envie d'en parler et aussi et surtout de parler et d'écrire sur autre chose pour me prouver que je n'existe pas simplement par cette histoire. Il est temps que je me refocalise sur les autres éléments de ma vie et j'aimerais profiter de ce blog pour m'entraîner à l'art difficile de la présentation et l'analyse d'oeuvres d'art ou d'objets archéologique ... entre autres choses, notamment plus drôles ou pourquoi pas sexy !
Chers amis lecteurs - oui, j'ai la prétention de croire qu'il y en aura au moins deux, suivez mon regard - merci du temps que vous prendrez à me lire. J'espère vous divertir et vous intéresser.
Bien à vous,
Vincent  |
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